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Le bleisure sans mauvaises surprises

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Lächelnder Mann mit Brille und Kaffeebecher sitzt auf einer Steinmauer mit Blick auf das Grossmünster und die Altstadt von Zürich.

Passer quelques jours au bord de la mer après une conférence ? Ou combiner un rendez-vous professionnel avec un week-end prolongé ? Si la formule séduit les collaborateur-trices, elle devient un défi croissant pour les entreprises. Dès que les journées professionnelles et privées se mélangent, des questions émergent sur les frais, la conformité et les responsabilités. Fixer des règles claires permet d’encourager le bleisure sans prendre de risques inutiles.

Le bleisure fait déjà partie du quotidien

Visite d’un salon, rendez-vous client ou conférence internationale : de plus en plus de collaborateur-trices profitent de l’occasion pour prolonger un voyage d’affaires à titre privé. Pour les entreprises, les avantages sont réels. Le bleisure apporte de la flexibilité, renforce l’attractivité de la marque employeur et reste très apprécié au sein des équipes.

En parallèle, de nouveaux défis apparaissent. Lorsque les aspects professionnels et privés d’un déplacement se croisent, des questions se posent sur les frais, les validations, les assurances sociales et la conformité. Sans cadre précis, un voyage simple vire rapidement au cas particulier administratif.

Ne pas confondre bleisure et workation

Dans la pratique, ces notions sont souvent confondues. Il existe pourtant une différence majeure.

Le bleisure consiste à ajouter des jours de congé à un voyage d’affaires. Lors d’une workation, les collaborateur-trices déplacent délibérément leur lieu de travail à l’étranger pour une période donnée. Cette distinction est essentielle, car les règles et les risques ne sont pas les mêmes.

Les entreprises doivent donc définir clairement ce qui relève du bleisure et où se situe la frontière avec la workation. Cela apporte de la transparence et évite les malentendus en amont.

Le principal défi : l’absence de règles

Dans beaucoup d’entreprises, le bleisure est déjà une réalité, même sans directive officielle.

Chaque situation est alors traitée au cas par cas. Les collaborateur-trices posent des questions, les travel managers tranchent individuellement, et les RH ou la finance interviennent dès qu’un doute apparaît. Cette gestion fait perdre du temps et crée des incohérences.

Sur le plan de la conformité, cela crée une zone grise. Sans processus documentés, il devient difficile de prouver que les risques ont été évalués et les devoirs respectés.

Points clés que les entreprises doivent garder à l’esprit

1. Séparer clairement les frais.

L’une des questions les plus fréquentes concerne les frais de voyage. Qui paie le vol retour différé ? Qui prend en charge les nuits d’hôtel supplémentaires ? Que se passe-t-il si la prolongation privée renchérit le séjour ?
Le principe du « logical fare » s’est imposé comme référence. L’entreprise prend en charge les dépenses qui auraient été engagées pour un voyage strictement professionnel. Les frais supplémentaires liés aux jours privés sont réglés par les collaborateur-trices. Une documentation transparente et traçable reste ici déterminante.

2. Vérifier la conformité avant le départ.

De nombreux risques peuvent être évités s’ils sont anticipés. Selon la destination et l’activité prévue, des questions d’assurances sociales, de fiscalité ou de droit du travail peuvent surgir. Dès que des personnes salariées travaillent à l’étranger pendant leur séjour, ces éléments doivent être vérifiés avant le départ.

3. Clarifier les responsabilités.

En matière de bleisure, la question de la responsabilité de l’entreprise durant la partie privée revient souvent. Il n’y a pas de réponse universelle. D’où la nécessité de directives claires qui fixent les responsabilités et séparent nettement la partie professionnelle de la partie privée.

4. Privilégier les processus standardisés aux décisions au cas par cas.

Plus le bleisure se développe, plus les démarches standardisées deviennent indispensables. Les collaborateur-trices doivent pouvoir déclarer simplement les jours professionnels et les jours privés. De leur côté, les entreprises doivent savoir quelles dépenses sont prises en charge et si des vérifications supplémentaires sont requises.

5. Mettre en place une politique de

Inutile de concevoir un règlement complexe. L’essentiel est de définir clairement le périmètre du bleisure et sa frontière avec la workation. De même, les frais doivent être encadrés de manière transparente : quelles dépenses sont couvertes par l’entreprise et lesquelles incombent à la personne qui voyage ?
Un processus de validation uniforme est également gagnant. Si les jours professionnels et privés sont documentés avec rigueur, l’attribution des frais est facilitée et les risques sont détectés au plus tôt.
Enfin, les responsabilités doivent être clairement réparties. Collaborateur-trices, travel management, RH et finance doivent savoir qui gère quoi et à quel moment une vérification de conformité s’impose. Plus les règles sont simples, mieux elles seront respectées au quotidien.

Checkliste : votre entreprise est-elle prête pour le bleisure ?

Avant que vos collaborateur-trices ne prolongent leur prochain voyage d’affaires à titre privé, assurez-vous de pouvoir répondre par « oui » aux points suivants :

  • Existe-t-il une définition claire du bleisure ?
  • La distinction avec la workation est-elle fixée ?
  • La prise en charge des frais et les surcoûts privés sont-ils définis ?
  • Un processus de validation standardisé est-il en place ?
  • Les risques éventuels de conformité sont-ils vérifiés avant le départ ?
  • Les rôles entre travel management, RH et finance sont-ils clarifiés ?
  • Les composantes professionnelles et privées du séjour sont-elles documentées ?

Si plusieurs points restent sans réponse, un audit de vos processus actuels s’impose.

Bilan

Le bleisure est là pour durer. Les collaborateur-trices apprécient l’opportunité de combiner travail et loisirs, tandis que les entreprises renforcent leur attractivité. Mais cette flexibilité exige un cadre net.

Définir les rôles, séparer clairement les frais et anticiper les risques : voilà le socle indispensable pour réussir le bleisure sans mauvaises surprises.

Contribution d’experts

Corinna Döpkens

Travel & Mobility Expert

www.linkedin.com/in/corinna-doepkens

Dr Daniel Dietrich

Cofondateur, Vamoz SA

https://www.linkedin.com/in/daniel-dietrich